Édito : Au Congo, même la majorité n’a pas droit à la dissidence
Trois mois. C’est le temps qu’il aura fallu au Club 2002-PUR pour se souvenir qu’un de ses anciens cadres avait démissionné. Juste Désiré Mondelé, député de Ouenzé I et ancien secrétaire général de ce parti de la majorité présidentielle, a quitté ses rangs le 2 juillet. Ce n’est que ce 24 septembre que la direction du parti a saisi le ministre de l’Intérieur pour exiger, au nom de l’article 112, alinéa 2, de la Constitution, sa déchéance et son remplacement par le suivant de liste. Le texte est limpide : un élu qui démissionne du parti sous l’étiquette duquel il a été élu perd son mandat en cours de législature. Sur le plan strictement juridique, le Club 2002-PUR est dans son droit.
Mais le calendrier interroge. Pourquoi attendre onze semaines avant d’activer un mécanisme aussi automatique ? On peut y voir un simple retard administratif. On peut aussi y voir un instrument dégainé au moment jugé le plus opportun, à l’approche de la préparation des listes pour les législatives et locales de 2027 un rappel à l’ordre adressé autant à Mondelé qu’à quiconque, dans les rangs du parti, serait tenté de prendre ses distances. Les deux lectures ne s’excluent pas, et en l’absence d’explication publique du parti sur ce délai, il serait malhonnête de trancher : c’est une question ouverte, pas un fait établi.
Ce dossier mérite d’être suivi jusqu’à son terme : la décision effective (ou non) du ministre de l’Intérieur, le profil du remplaçant éventuel, et surtout la réaction ou le silence des autres partis, majorité comme opposition, sur ce précédent, à quelques mois d’un cycle électoral où la loyauté des candidats aux appareils sera scrutée de près.





