République du Congo : Briefing politique jeudi 24 septembre 2026

Ce qui s’est passé

Trois jours plutôt calmes institutionnellement, mais un épisode notable : jeudi 24 septembre, le Club 2002-PUR  parti de la majorité présidentielle fondé par le sénateur Wilfrid Guy César Nguesso  a saisi le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jean Ollessongo Ondaye, pour faire appliquer l’article 112, alinéa 2, de la Constitution après la démission du parti, le 2 juillet dernier, du député de Ouenzé I, Juste Désiré Mondelé, ancien secrétaire général du parti. Cet article prévoit qu’un élu qui démissionne du parti sous l’étiquette duquel il a été élu perd automatiquement son mandat en cours de législature. Le parti demande le remplacement de Mondelé par le suivant de liste, Francis Akouala Ngambou.

Mercredi 23 septembre, la Nation a rendu un dernier hommage à l’ancien ministre du Développement industriel, des PME et de l’Artisanat, Emile Mabonzo, décédé le 21 août à Nkayi. La cérémonie, au Palais des congrès de Brazzaville, s’est tenue en présence du président Denis Sassou N’Guesso.

Sur le plan diplomatique, le 22 septembre, le ministre de l’Intérieur et le directeur général de la SNPC, Maixent Raoul Ominga, ont reçu une délégation de la ville française de Nevers venue appuyer Kintélé dans la préparation du premier Sommet international de l’innovation des villes africaines (SIIV.IA), prévu en mars 2027. Le même jour, l’administration territoriale a réceptionné les outils techniques du nouveau système numérique d’état civil (Sifec).

Ces faits s’inscrivent dans une séquence plus large : fin août, le Parlement a tenu deux sessions extraordinaires pour voter des avenants aux contrats pétroliers de partage de production ; en juillet, les deux chambres ont adopté à l’unanimité la loi de finances rectificative 2026 (excédent budgétaire théorique de 216,9 milliards FCFA, baril congolais révisé à 67 dollars, croissance maintenue à 5,5 %). Le 11 septembre, l’Upads (opposition) réclamait l’application des recommandations de la concertation de Djambala sur la gouvernance électorale, en vue des législatives et locales attendues en 2027.

Mon analyse

L’affaire Mondelé mérite qu’on s’y attarde parce qu’elle n’oppose pas le pouvoir à l’opposition mais révèle la mécanique de discipline à l’intérieur même de la majorité présidentielle. Voir ce parti  pilier de la mobilisation qui a porté la réélection de Sassou N’Guesso en mars dernier attendre près de trois mois avant d’activer une disposition constitutionnelle aussi automatique interroge davantage sur le calendrier politique que sur l’urgence juridique, à l’approche de la préparation des listes pour 2027.

Le reste de la semaine confirme la ligne de fond du nouveau quinquennat « Accélération » : une équation budgétaire qui repose sur un pari pétrolier (baril à 67 dollars) dans un contexte de dette publique dépassant 97 % du PIB fin 2025, toujours classée en « distress » par le FMI malgré la demande d’un nouveau programme adressée en mai. Les avenants pétroliers votés en urgence fin août montrent que la marge budgétaire de Brazzaville dépend structurellement de la renégociation des termes avec les compagnies plutôt que d’une diversification réelle. Côté réforme électorale, la demande de l’Upads reste sans réponse officielle depuis février — signe que ce chantier, présenté comme un prérequis de crédibilité pour 2027, avance lentement.

Sources

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