Édito : Le Congo, le FMI et l’art de répéter la même histoire
Il y a des retours qui en disent plus qu’un communiqué. Celui du Fonds monétaire international à Brazzaville, le 24 septembre, en fait partie. Six mois six mois à peine après que le conseil d’administration de l’institution a bouclé, en mars, l’évaluation post-financement de son précédent programme avec le Congo, une nouvelle mission débarque pour poser, selon les mots employés, les « travaux préparatoires à un nouveau programme financier ». On ne prête pas à un pays qui va bien. On ne revient pas discuter d’une nouvelle Facilité élargie de crédit six mois après avoir tourné la page d’un ajustement, sauf à admettre, en creux, que la page n’était pas tournée.
Le gouvernement, lui, tient un autre discours depuis la réélection de Denis Sassou NGuesso en mars : celui d’un quinquennat de l’« Accélération », d’une économie qui repart, d’une dette sous contrôle. Les chiffres publiés cette semaine par la Plateforme dette et développement racontent une histoire moins confortable : une dette publique à 97,3 % du PIB en 2025, dont les deux tiers de la part bilatérale doivent à la Chine et sur laquelle, de l’aveu même des acteurs de la société civile congolaise, personne n’est capable de dire avec précision quelles ressources naturelles servent de garantie ni selon quels termes. Ce n’est pas une organisation étrangère hostile qui le dit : c’est une structure locale, qui appelle simplement à ce que les chiffres soient homogènes et vérifiables. Une demande d’une banalité absolue dans n’importe quelle démocratie budgétaire, et qui, posée ainsi au Congo, mesure l’ampleur du chemin qui reste à parcourir.






