CLUB 2002-PUR : QUAND QUITTER LE PARTI PEUT COÛTER LE MANDAT
Il y a quelque chose de particulièrement révélateur dans cette affaire.
Le 2 juillet 2026, Juste Désiré Mondelé, député de la première circonscription de Ouenzé et ancien secrétaire général du Club 2002-PUR, quitte son parti.
Moins de trois mois plus tard, le Club 2002-PUR réagit.
Par la voix de son secrétaire général adjoint, le sénateur Antoine Banvidi, le parti saisit le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation et demande l’application de l’article 112, alinéa 2 de la Constitution. Le parti souhaite que la perte du mandat de Juste Désiré Mondelé soit constatée et demande son remplacement par Francis Akouala Ngambou.
Et c’est précisément ici que cette affaire devient intéressante.
Car juridiquement, le texte existe.
Il dit qu’un député ou un sénateur présenté par un parti politique et qui démissionne de ce parti en cours de législature perd sa qualité de parlementaire.
Autrement dit : on peut quitter le parti.
Mais quitter le parti peut signifier quitter aussi le Parlement.
Et derrière cette disposition apparaît une question beaucoup plus profonde :
à qui appartient réellement le mandat ?
À l’élu ?
Au parti ?
Ou aux électeurs ?
Parce que lorsqu’un citoyen glisse un bulletin dans l’urne, que choisit-il exactement ?
Un homme avec son parcours, ses convictions et sa personnalité ?
Ou choisit-il d’abord une étiquette politique, un programme et une organisation ?
Voilà le véritable débat.
Cette règle peut se défendre par un argument simple : empêcher qu’un élu obtienne son siège grâce à un parti, puis change de camp une fois élu.
C’est une question de cohérence politique et de respect du choix initial des électeurs.
Mais elle produit également une conséquence qu’il ne faut pas ignorer : elle réduit considérablement la marge de liberté politique d’un parlementaire qui entrerait en désaccord avec son propre parti.
Car un élu peut alors se retrouver devant une alternative brutale :
rester dans le parti malgré le désaccord… ou partir et risquer de perdre son mandat.
C’est là que l’affaire Mondelé dépasse largement le cas Mondelé.
Elle pose une question sur la conception même du mandat parlementaire.
Un député doit-il avant tout être fidèle au parti qui l’a présenté ?
Ou doit-il pouvoir s’en éloigner lorsqu’il estime que ses convictions, ou les intérêts de ses électeurs, l’exigent ?
Et il reste surtout une question essentielle.
Pourquoi Juste Désiré Mondelé est-il parti ?
À ce stade, les informations publiques que j’ai pu vérifier établissent sa démission du 2 juillet et la démarche engagée par le Club 2002-PUR en septembre, mais elles ne permettent pas d’établir avec certitude toutes les raisons personnelles ou politiques de cette rupture.
Et peut-être que la véritable histoire se trouve précisément là.
Pas seulement dans l’article 112.
Pas seulement dans la bataille autour d’un siège de député.
Mais dans ce qui peut pousser un homme qui a longtemps occupé des responsabilités importantes dans son parti à décider, un jour, de partir.
Parce qu’en politique, les ruptures ne commencent presque jamais le jour où elles deviennent publiques.
Elles commencent souvent bien avant.
Et derrière une lettre de démission se cache parfois toute une histoire que le public ne connaît pas encore.




