Édito : L’espace et l’hôpital
Que le Congo porte haut la voix du Bassin sur le climat et l’imagerie satellitaire est légitime, et même utile : la déforestation se combat aussi depuis l’orbite. Mais une diplomatie, aussi habile soit-elle, ne se substitue pas à la paie d’un infirmier. Et sur ce terrain, ce n’est pas l’opposition qui accuse : c’est le propre ministre des Finances de la République qui reconnaît, devant les députés, « un contexte de tensions sociales et de difficultés économiques ». L’aveu vaut diagnostic.
On nous dira que la conjoncture est mondiale, que le pétrole est capricieux, que la dette contraint. C’est vrai. Mais un budget est d’abord une hiérarchie de priorités. Un État qui trouve les moyens de porter son message jusqu’aux sommets internationaux doit aussi trouver ceux d’honorer, à échéance, le traitement de ceux qui soignent. Faute de quoi le récit de l’« Accélération » se heurtera à une arithmétique têtue : celle des fins de mois.



