République du Congo : Briefing politique mardi 29 septembre 2026

Ce qui s’est passé

L’actualité politique congolaise de ces derniers jours est plutôt calme sur le plan institutionnel, mais une information sensible se détache. Le 22 septembre à Brazzaville, l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH), dirigé par Parfait Moukoko, a présenté un rapport sur l’opération sécuritaire « Zéro Kuluna », menée depuis un an, selon l’organisation, par la Direction générale de la sécurité présidentielle contre la criminalité urbaine. L’OCDH y documente 561 disparitions forcées, un chiffre qu’elle dit en augmentation quotidienne. Elle reconnaît la légitimité de la lutte contre l’insécurité, mais conteste les méthodes : arrestations hors cadre judiciaire et détentions dans des lieux non divulgués. Elle réclame la publication de la liste des personnes arrêtées, des enquêtes indépendantes, l’accès aux lieux de détention, la protection des mineurs et l’intervention du Groupe de travail de l’ONU sur les disparitions forcées. L’article de Congo-B daté du 28 septembre ne mentionne aucune réaction officielle.

Côté parti au pouvoir, le Club 2002-PUR a saisi le 24 septembre le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jean Ollessongo Ondaye. Son secrétaire général adjoint, Antoine Banvidi, demande l’application de l’article 112, alinéa 2 de la Constitution du 25 octobre 2015 après la démission du parti du député de Ouenzé I, Juste Désiré Mondelé, ancien secrétaire général du parti, qui avait transmis sa lettre de démission le 2 juillet 2026. Selon cette disposition, un élu présenté par un parti qui en démissionne perd sa qualité de député. Le parti souhaite le remplacement de Mondelé par Francis Akouala Ngambou.

Sur le plan protocolaire, le président Denis Sassou N’Guesso a rendu, le 24 septembre, un dernier hommage à l’ancien ministre du Développement industriel Émile Mabonzo, et a reçu, le 22 septembre, un prix spécial de la liberté de la presse décerné, selon Les Échos du Congo-Brazzaville, par des organisations de médias congolaises. Le 28 septembre, l’ambassadrice de France Claire Bodonyi a été reçue par le ministre de l’Intérieur. Le Plan national de développement 2027-2031, qui succédera à celui de 2022-2026, est entré en phase de préparation (22 septembre). Enfin, l’UPADS, parti d’opposition, a tenu le 12 septembre un bureau politique extraordinaire pour préparer les échéances électorales 2027-2028. Aucun Conseil des ministres récent n’a été trouvé : le dernier compte rendu publié sur le site du SGG date du 18 août 2026.

Mon analyse

L’affaire Mondelé est un test concret de l’article 112 : au-delà du sort d’un siège, elle dit la discipline que le parti dominant entend imposer à ses élus dans un contexte de recomposition avant les échéances de 2027-2028. On notera le délai entre la démission (2 juillet) et la saisine (24 septembre) : la décision appartient désormais à l’exécutif, ce qui pose la question de l’indépendance du Parlement.

Le dossier « Zéro Kuluna » est le plus lourd. Il touche à la légitimité d’une opération de sécurité menée par un corps lié à la présidence et à l’État de droit. Prudence toutefois : les chiffres viennent d’une seule ONG et n’ont pas été recoupés à ce stade par une source indépendante ou officielle. Le silence des autorités, tel que rapporté, est en lui-même un fait politique. Ce climat s’inscrit dans le contexte du nouveau quinquennat, où le pouvoir met en avant la sécurité et le développement (PND 2027-2031), avec en toile de fond la dépendance pétrolière et la dette.

Sources

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