République Démocratique du Congo / République du Congo
Sur le commerce de détail, aimerais comprendre au nom de leurs liens séculaires
L’édition du Journal Afrique de Radio France Internationale – RFI – du dimanche 4 octobre 2026 annonce que la République Démocratique du Congo va réactiver la décision n’accordant l’exercice du commerce de détail qu’aux seuls Congolais. Aux étrangers, le commerce de gros.
Une décision qui précède l’application de celle de la République du Congo où, dès l’année 2027, il sera autorisé à tous les Africains de rentrer dans le pays sans visa.
De par les conventions internationales, la République Démocratique du Congo et la République du Congo, exerçant pleinement et librement leur souveraineté, ils sont libres de faire valoir les lois et règlements qu’ils estiment utiles pour leur développement. Sur ce principe, rien à redire. Chaque État est souverain.
Ici, j’aimerais savoir, et c’est là toute mon interrogation. Dans le cas de la République Démocratique du Congo, la disposition qui s’applique aux Congolais s’étend-elle également aux Congolais de la République du Congo ? Puisque l’information livrée par RFI ne parle que des Congolais et des étrangers. Or, qui est étranger pour Kinshasa ? Qui est Congolais ?
En effet, il y a Congolais et Congolais. Il y a deux Congo, deux peuples qui portent le même nom, la même histoire, le même fleuve. Quand Kinshasa dit “réservé aux Congolais”, parle-t-elle des Congolais de la RDC uniquement ? Ou parle-t-elle des Congolais des deux rives ? La question est fondamentale. Des Congolais de Brazzaville exercent le petit commerce à Kinshasa, comme ceux de Kinshasa s’activent au petit commerce à Brazzaville. Sont-ils désormais considérés comme étrangers chez leurs frères ? Vont-ils être expulsés du commerce de détail ?
L’information de RFI mérite une précision. Il ne peut être laissé planer le flou sur un mot aussi sensible que “étranger” entre la République du Congo et la République Démocratique du Congo.
Cette précision est d’autant plus urgente que la République du Congo, elle, vient de poser un acte fort de panafricanisme et de fraternité. Dès 2027, elle ouvre ses frontières sans visa à tous les Africains. C’est un acte de générosité, un acte d’intégration africaine. C’est la porte grande ouverte.
Ceci étant, comment comprendre alors que d’un côté, Brazzaville ouvre ses portes à tout le continent, y compris aux frères de Kinshasa, et que de l’autre côté, Kinshasa fermerait la porte du petit commerce à ces mêmes frères de Brazzaville ?
Au minimum, la réciprocité devrait prévaloir. Aussi, le Congolais de Brazzaville ne devrait pas être traité comme un étranger ordinaire à Kinshasa. Il n’est pas un étranger. Il est du même sang, du même fleuve, du même nom. Si Brazzaville dit “Venez chez nous sans visa”, Kinshasa devrait dire “Venez commercer chez nous comme chez vous”. Sans cette réciprocité, l’une des mesures annule l’autre. L’une construit l’intégration, l’autre la détruit.
De RFI, surtout des autorités de Kinshasa, une clarification est attendue. Le commerce de détail réservé aux Congolais, est-ce aussi pour les Congolais de la République du Congo ? C’est ma libre interrogation.
Paris 4 octobre 2026


