République du Congo 15 août 2026 66 ans d’indépendance.

Le temps d’un acte de concorde.

Les cloches des festivités du 66e anniversaire de l’indépendance de la République du Congo sonnant le 15 août 2026, l’on imagine, à la date du 6 août 2026, qu’il se prépare déjà, selon la tradition, au sein des rouages de l’Etat, les deux moments décisifs de l’événement. D’abord, le discours à la Nation que prononcera le Président de la République, M. Denis Sassou Nguesso. Ensuite, les défilés civils et de la force publique, dans les chefs lieux de Département. Et de ces défilés, est le plus significatif, celui du Boulevard Alfred Raoul, à Brazzaville, sous l’œil attentif du Président de la République et des autres Institutions de la République.

Comme à chaque 15 août, depuis le 15 août 1960, l’occasion des allocutions des Chefs d’Etat congolais qui se sont succédé, est pour les Congolais l’instant d’espérer écouter du Président de la République les paramètres qui contribueraient à faire avancer le pays, au plan des valeurs culturelles, morales et éthiques. Également apprendre du Président de la République, aussi bien le chemin parcouru, dans le domaine socio-économique, que les projetions vers l’avenir. Aussi, attendre du Président, la formalisation des réponses aux questions relevant de la cohésion et de l’unité nationales.

Assurément, la République du Congo se construit. Nul n’en doute. Mais, beaucoup reste à bâtir et à réaliser de façon permanente, ce qui ne peut manquer de décevoir. D’ou des relents persistants de grogne dans le pays. Et, phénomène normal, pour diverses raisons, cette grogne n’est pas pour faciliter l’accomplissement de certains projets prioritaires. Ce qui est un handicap, au regard d’immenses attentes dans le pays. D’où la question cruciale, sans réponse réelle et durable, depuis des années, du renforcement de la stabilisation de la cohésion et de l’unité nationales.

Tout projet public, de quelque secteur que ce soit, ne soulevant pas dans l’opinion nationale une forte adhésion n’apporte pas les chances de sa pleine réussite. Par contre, une opération souhaitée et considérée comme venant relever un défi national créé l’effet d’entraînement de son succès.

Aujourd’hui, en République du Congo, ne serait ce qu’à propos des libertés individuelles, une remise en confiance des autorités pourrait naître de la grâce que le Président Denis Sassou Nguesso pourrait accorder aux compatriotes condamnés

dans les affaires Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa. Avec l’espoir que Benoit Koukebene, condamné par contumace à 20 ans de travaux forcés, le 28 décembre 2001 par la Haute Cour de Justice à Brazzaville, pendant son exil en France, pourrait regagner sans la moindre tracasserie judiciaire son pays. Etant entendu que, sa peine est expirée le 28 décembre 2025.

De la grâce présidentielle sur les compatriotes cités, il n’y a pas lieu de déduire qu’a travers elle, le Congo se guérirait de ses maux actuels. Cependant,

l’acte noble, humaniste et altruiste du Président de la République serait porteur de plusieurs effets positifs dans le pays. Tels la baisse de la tension dans les familles, les partis et les réseaux directement touchés par la detention des concernés. De même la reinsertion sociale ainsi que la réintégration de l’appareil d’Etat pour ceux qui en rempliraient les conditions. Donc, moins de crispation, mais plus d’ouverture vers les compatriotes et plus d’espace d’expression. Enfin, conséquemment, ce qui en decoulerait de l’image du Président de la République, incarnant le pardon, la grandeur et l’effort de rassemblement des composantes de la nation.

Par devers les personnes, l’acte du Chef de l’État serait un message envoyé à la jeunesse et à l’opinion congolaises. On peut se tromper, payer, puis revenir, sans préjugés, servir le pays, avec honneur. Ce ne serait pas une fin. Mais un début de désescalade et de concorde.

Aussi, y a t-il lieu d’activer trois

chantiers pour ancrer la cohésion nationale, au-delà du geste du Président de la République. Le Congo a besoin d’un cadre national inclusif, sans tabou. Mettre autour de la table pouvoir, opposition, société civile, syndicats, confessions religieuses, secteur privé, jeunes et diaspora. Avec pour objectif de dégager des priorités claires, sur l’emploi des jeunes,.la santé, l’éducation, la justice, l’agriculture, l’industrie, la bonne gouvernance. Cela avec calendrier et indicateurs publics précis. Pas un nouveau forum pour parler. Mais un contrat pour agir ensemble.

A défaut du dialogue national, des concertations décentralisées. Elles procéderaient de l’organisation, dans chaque Chef-lieu de Département, des assises citoyennes libres. Au final, une

meilleure exploration des résultats des travaux.

Quand les citoyens voient que leurs idées servent, ils reviennent. Rien ne bougeant, ils se taisent. A l’occasion, ils critiquent, critiquent encore et manifestent sans cesse leur mécontentement.

66 ans après le 15 août 1960, la République du Congo n’a plus seulement besoin de défilés. Il a besoin d’un pacte national pour moderniser le pays. Et le 15 août 2026 pourrait être ce jour pour le matérialiser. Cela, par un discours qui nomme les fractures, un geste d’apaisement qui baisse la tension et une méthode pour travailler ensemble.

La République du Congo, cette terre des legendes et des lumières ira plus vite de l’avant si elle sait se reconcilier avec elle-même. Se doutant, elle s’édifiera au ralenti. Car, la vraie indépendance d’un pays c’est celle où les fils et les filles de ce pays décident ensemble de son avenir.

Paris 6 août 2026

Ouabari Mariotti

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