République du Congo : Briefing politique dimanche 4 octobre 2026
Ce qui s’est passé
Les avocats montent au créneau. Les barreaux de Brazzaville et de Pointe-Noire ont annoncé la suspension de leurs activités professionnelles et menacent de boycotter la prochaine session criminelle. Les assemblées générales extraordinaires se sont tenues le 29 septembre à Pointe-Noire et le 2 octobre à Brazzaville. En cause : la détention de trois confrères, Me Bob Kaben Mboko Massouka (barreau de Brazzaville, incarcéré depuis septembre 2025 selon Les Dépêches de Brazzaville), Me Boniface Carle Malalou et Me Admyrey Mabondzo (Pointe-Noire). La bâtonnière de Brazzaville, Me Andrée Brigitte Nzingoula, pose une condition : « la libération immédiate de nos confrères ou enrôlement de leurs dossiers à la prochaine session criminelle ». Les avocats invoquent l’article 53 de la loi n° 026/92, qui encadre l’arrestation des avocats et protège leur cabinet.
Diplomatie. Le 1er octobre, le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, a reçu Mohamed El-Amine Souef, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale, en tournée dans les onze pays de la CEEAC. Les échanges ont porté sur la paix, la sécurité, les réformes institutionnelles, la parité et la place des jeunes et des femmes. Le 30 septembre, Denis Sassou N’Guesso a reçu Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale de la RDC, pour parler de la démilitarisation des FDLR et des incidents de Makotipoko, en privilégiant la voie diplomatique. Le même jour, la 8e session de la commission mixte Russie-Congo s’est conclue sur un plan de coopération économique 2026-2028 (énergie, agriculture, santé, transports), en présence de Pavel Sorokine, premier vice-ministre russe de l’Énergie.
Autres informations. Le ministre de l’Éducation, Jean Luc Mouthou, a annoncé la suppression du CEPE : à partir de juin 2027, le passage vers le secondaire se fera sans examen d’entrée, et le préscolaire pourrait devenir obligatoire. Fred Makita a été libéré le 30 septembre après plusieurs mois de détention (Les Échos du Congo-Brazzaville). Côté partis, le RDPS prépare son congrès ordinaire. Aucun compte rendu de Conseil des ministres n’a été trouvé sur la période.
Mon analyse
La grève des avocats est le fait politique le plus lourd de la période. La revendication est modeste en apparence : libérer ou juger. Le dossier de Me Kaben Massouka dure depuis plus d’un an, ce qui pose la question des délais de détention, un point sensible pour un pouvoir qui vient de lancer son nouveau quinquennat sous le mot d’ordre « Accélération ». La libération de Fred Makita au même moment peut se lire comme un geste d’apaisement, mais rien n’indique que les deux faits soient liés.
Sur le plan extérieur, Brazzaville cultive son image de médiateur régional et diversifie ses partenaires, avec la Russie en particulier. Ce sont des annonces : le plan 2026-2028 reste à transformer en projets chiffrés.
Sources
- Justice : les avocats menacent de boycotter la prochaine session criminelle (ADIAC)
- Afrique centrale : le représentant spécial de l’ONU chez Isidore Mvouba (ADIAC)
- Incidents de Makotipoko (Journal de Brazza)
- Congo-Russie : coopération économique (Journal de Brazza)
- Congo : le CEPE supprimé (Journal de Brazza)
- Les Échos du Congo-Brazzaville, politique
- Démission de Makosso (AllAfrica)
- Makosso reconduit (Koaci)



