République du Congo : Briefing politique lundi 21 septembre 2026

Ce qui s’est passé

L’actualité politique congolaise de ce week-end a été dominée par la clôture, le 19 septembre à Kintélé, de la première édition du Salon de l’information, de la communication et des médias (SICOM), placée sous le très haut patronage du président Denis Sassou-N’Guesso. Ouvert le 17 septembre par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, représentant personnel du chef de l’État, l’événement a réuni professionnels des médias, universitaires et institutions autour du thème de la mutation numérique et de l’intelligence artificielle. Étaient notamment présents le ministre de la Communication et des Médias Thierry Lézin Moungalla, le président du Conseil supérieur de la liberté de communication Médard Milandou, la représentante de l’UNESCO Fatoumata Bary Marrega et le commissaire général du salon, Gyldas Mayela. Quatorze journalistes ayant marqué l’histoire de la presse congolaise ont été distingués. Fait notable : un « prix spécial de la liberté de la presse » a été décerné au président Sassou-N’Guesso lui-même, réceptionné en son nom par le Premier ministre Makosso.

Sur le terrain administratif, la semaine a été marquée par l’installation de nouveaux administrateurs-maires d’arrondissement à Brazzaville, dans le prolongement des décrets présidentiels post-électoraux. Grâce Steph Antonetty Ivossot a été reconduite et installée à Ouénzé (5e) le 18 septembre ; quatre maires (Talangaï, Mfilou, Moungali et Djiri) ont prêté serment le 15 septembre au parquet de Brazzaville ; Alain Ndinga a été intronisé à Gamboma le 16 septembre. Côté partis, la préparation des législatives et locales de 2027 s’accélère : l’UPADS de Pascal Tsaty-Mabiala, réunie en bureau politique extraordinaire les 11 et 12 septembre, a réclamé l’application des onze recommandations de la concertation de Djambala et affiché son ambition de « reconquête du pouvoir », tandis que le Club 2002-PUR, parti de la majorité présidentielle, poursuit la restructuration de ses fédérations. Aucun Conseil des ministres ne s’est tenu sur la période couverte, le dernier remontant au 18 août.

Mon analyse

Ces faits, en apparence dispersés, dessinent une même logique : celle d’un pouvoir qui, six mois après la réélection de Denis Sassou-N’Guesso pour un cinquième mandat (94,9 % au premier tour selon la Cour constitutionnelle), consolide méthodiquement son emprise avant le prochain cycle électoral. L’installation en cascade d’administrateurs-maires nommés par décret, le maillage territorial du Club 2002-PUR et la mise en scène d’un salon des médias entièrement adossé à la présidence relèvent d’une même occupation de l’espace public. L’opposition, elle, reste cantonnée à un rôle de protestation  l’UPADS demande l’application de recommandations plutôt qu’elle ne négocie un rapport de force.

Le contexte économique donne le relief : dépendance pétrolière persistante, dette lourde et discipline budgétaire sous l’œil du FMI encadrent le quinquennat dit de « l’Accélération ». Dans ce cadre contraint, la communication politique devient une ressource à part entière. Décerner un prix de la liberté de la presse au chef de l’État  dans un pays que Reporters sans frontières classe au 68e rang mondial en 2026 (en progression de trois places, mais loin d’un modèle)  illustre cette économie symbolique où l’État se décerne à lui-même les certificats de vertu qu’il ne reçoit pas toujours de l’extérieur.

Sources

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