République du Congo : Briefing politique vendredi 18 septembre 2026

Ce qui s’est passé

Les trois derniers jours ont été dominés par la communication d’État et la diplomatie, plus que par un événement institutionnel majeur : aucun Conseil des ministres ne s’est tenu sur la période, le dernier remontant au 18 août.

Le fait central : le lancement, le 17 septembre à Brazzaville, de la première édition du Salon de l’information, de la communication et des médias (SICOM), prévu du 17 au 19 septembre. Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, représentant Denis Sassou N’Guesso, a ouvert les travaux en plaidant pour une réforme du cadre juridique du secteur. Il a rappelé que la loi de référence, la loi n°8-2001 du 12 novembre 2001 sur la liberté de l’information et de la communication, a désormais 25 ans et « mérite d’être enrichie et actualisée » à l’ère des réseaux sociaux, de la désinformation et de l’intelligence artificielle un point relayé par le ministre de la Communication Thierry Lézin Moungalla. Fait notable : en marge du lancement, les organisateurs ont décerné à Sassou N’Guesso un « Prix spécial de la liberté de la presse » pour son engagement en faveur du secteur.

Sur le plan diplomatique, le président béninois Romuald Wadagni était annoncé à Brazzaville le jeudi 17 septembre, après une visite officielle au Rwanda, pour des échanges avec Sassou N’Guesso sur la coopération bilatérale. Cette séquence prolonge celle du 9 septembre, où le chef de l’État congolais avait été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron.

Côté économie liée au politique : la Banque mondiale s’est dite prête (17 septembre) à renforcer son appui financier au Congo dans le secteur de l’électricité, et un forum « Investir au Congo 2026 » ciblant la diaspora a été annoncé à Brazzaville. En toile de fond social, la grève dans les hôpitaux publics se poursuit, les syndicats réclamant le paiement de deux mois de salaire.

Enfin, la préparation des législatives et locales de 2027 s’accélère : la Direction générale des affaires électorales a lancé ses travaux préparatoires début septembre, tandis que l’UPADS de Pascal Tsaty-Mabiala, réunie en bureau politique extraordinaire les 11-12 septembre, réclame l’application des recommandations de la concertation de Djambala et affiche une ambition de « reconquête du pouvoir ».

Mon analyse

Le contraste est frappant, et c’est là qu’il y a matière. D’un côté, un appareil d’État qui multiplie les rendez-vous de prestige — salon des médias, prix honorifique au chef de l’État, séquences diplomatiques à Paris et avec Cotonou, ambitions spatiales affichées ces dernières semaines. De l’autre, des soignants qui réclament deux mois d’arriérés de salaire et une Banque mondiale invitée à financer l’électricité. Dans un pays pétrolier engagé dans un quinquennat baptisé « Accélération », sous contrainte de dette et sous regard du FMI, cet écart entre la communication et la trésorerie est le vrai marqueur politique du moment.

La question du cadre juridique des médias mérite aussi d’être suivie de près. Reconnaître qu’une loi de 2001 est dépassée est légitime, mais une réforme des textes de presse peut aller dans deux directions opposées : élargir les libertés, ou les encadrer davantage au nom de la lutte contre la « désinformation ». À dix-huit mois d’élections locales et législatives, le curseur choisi dira beaucoup des intentions réelles du pouvoir. Le « prix de la liberté de la presse » décerné au président, lui, relève clairement du registre symbolique plus que d’un constat partagé sur l’état du pluralisme.

Sources

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