Édito : 2027 sur le papier, 2025 dans les livres

Le gouvernement a présenté le 7 octobre, au même Conseil des ministres, deux documents qui ne racontent pas la même histoire. Le premier est la loi de règlement 2025, qui dit ce qui s’est passé. Le second est le projet de budget 2027, qui dit ce que l’on espère.

Les faits d’abord. En 2025, l’État a encaissé 2 276 milliards de FCFA, soit 89 % de ce qu’il avait prévu. Le pétrole, dont dépend tout l’édifice, n’a rapporté que 84 % de l’objectif. Les charges courantes ont dépassé les prévisions (104 %), tandis que l’investissement, celui qui construit routes, écoles et hôpitaux, n’a été exécuté qu’à 54 %. Le service de la dette a absorbé 311 milliards. Le Trésor a tiré 1 818 milliards sur le marché régional des titres publics tout en remboursant 1 735 milliards sur ce même marché : l’État emprunte pour rembourser.

Vient maintenant 2027. Le texte table sur 6,9 % de croissance contre 4,3 % en 2025, un baril à 71 dollars, 112 millions de barils produits, et un excédent de 432 milliards. La dette reculerait de près de huit points de PIB en un an. Ces chiffres ne sont pas impossibles, mais ils demandent beaucoup à la production pétrolière et aux cours, deux variables que Brazzaville ne maîtrise pas.

L’aveu le plus important vient du ministre lui-même : le financement externe dépend de la conclusion d’un programme avec le FMI. La crédibilité du budget repose donc sur une négociation dont l’issue n’est pas publique. Un budget qui compte sur un feu vert extérieur plutôt que sur ses propres recettes n’est pas encore un budget : c’est un souhait.

Reste une question que le Parlement devra poser : pourquoi l’investissement, la dépense qui prépare l’avenir, est-il la variable d’ajustement de l’exécution ? Un plan « d’accélération » qui n’exécute que la moitié de ses investissements ne s’accélère pas. Les députés ont désormais en main les deux textes. Qu’ils les lisent côte à côte.

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