Descriptions :
Il est des silences qui font plus de bruit qu'un coup de canon. Et il est des plumes qui, quand elles se mettent à écrire, résonnent comme une revanche sur l'histoire.
Ce soir, je vous parle d'un homme que je ne nommerai pas — un général qui a fait de hautes études en sciences politiques et en sciences militaires, disons-le comme ça — un de ces vieux lions qui ont longtemps gardé la savane du pouvoir avant d'en être chassés par les hyènes du système.
Il a pris la plume. Pas pour chanter la gloire des batailles, non. Mais pour dénoncer une autre guerre : celle, invisible, que mène la médiocrité contre la dignité.
Ba tata, Ba mama, Ba Ndèko, Mesdames et Messieurs, Ba pagui ya Vincent.
Dans son nouveau roman à venir — ou devrais-je dire, son cri contenu — il décrit ce qu'il appelle la kakistocratie. Un mot barbare, grec, qui signifie « le gouvernement des pires ». Et le général en parle comme on parle d'une maladie honteuse qu'on aurait trop longtemps couvée sans vouloir la soigner.
À travers ses lignes, on sent la blessure d'un homme qui a vu, de l'intérieur, le ver ronger le fruit. Comme dirait le président de la République : le ver est dans le fruit. Il dénonce la montée des incompétents, l'éloge du mensonge, la défaite du mérite. Et, sans le dire vraiment, il parle du Congo.