M. Note Agathon 22 juillet 2025 – 22 juillet 2026. Un an.
Un an que l’ancien Président du Conseil Constitutionnel de la République du Congo, M. Note Agathon, s’est éteint à Nancy, dans l’Est de la France. Il avait 88 ans.
Je l’appelais Ya Note. Grand Frère Note. C’était pour moi une marque publique de respect, la même que je portais à deux autres grands serviteurs de l’État aujourd’hui disparus. M.Maurice Stéphane Bongho-Nouarra, à qui je disais Ya Stéphane, et M. Henri Lopes, Ya Henri pour moi.
Depuis l’indépendance en 1963, la République du Congo a connu des cadres administratifs de renom. M. Note Agathon est de ceux-là. C’était un homme brillant dans l’exercice des fonctions d’État qu’il a occupées pendant de longues années. Il maîtrisait l’art oratoire. Inspirait le respect par l’étendue de son savoir. N’a jamais trahi sa fidélité politique. Telle celle au Président Joachim Yhombi Opango, davantage affirmée a la création du Rassemblement pour la Démocratie et le Développement, le RDD, dans la foulée de la Conférence Nationale de 1991 jusqu’à sa disparition.
M.Note Agathon était par ailleurs un homme courageux qui savait ce qu’il voulait. En pleine crise du 5 juin 1997, à Brazzaville, le Ministre de la Justice que j’étais, je le revois se démenant pour que le Conseil Constitutionnel, l’institution dont il venait de prendre la présidence, lors d’une élection libre dans les locaux de la BEAC, puisse survivre. Dans le fracas des armes, il tenait bon pour le droit, refusant que la loi cède devant la force. Mais hélas.
Cette image de M. Note Agathon résume sa personnalité. D’autant que ce qui caractérisait Ya Note, par-dessus tout, c’était sa considération pour les institutions de la République. Pour lui, le Conseil Constitutionnel n’était pas une récompense ni un poste. C’était une mission sacrée. Et garantir la loi, protéger le cadre républicain, dire le droit même quand tout vacille. Il y croyait avec une rigueur de juriste et une conscience de patriote.
Au-delà du haut fonctionnaire qu’il était, M. Note Agathon était un chef de famille. Ce qu’il laisse aujourd’hui, c’est une famille demeurée unie et solidaire, déterminée à préserver son riche héritage basé sur le sens du devoir, l’exigence du travail bien fait, la dignité dans l’épreuve.
Il faut saluer ici que le Chef de l’État Congolais, le Président Denis Sassou Nguesso, au nom de la Patrie Reconnaissante, ait rendu un hommage solennel au Palais des Congrès de Brazzaville au Président Note Agathon avant sa mise en terre, au Cimetière du Centre- ville .
Les mots prononcés, ce jour-là, par le Président du Conseil Constitutionnel de la République, M. Auguste Iloki, lors de cette cérémonie feront date. Ils ont rappelé ce que le pays doit à ses bâtisseurs, au-delà des appartenances et des divergences. Car,
une Nation s’élève lorsqu’elle élève ses propres valeurs, quelles que soient leurs couleurs.
Puisse, là-bas, à l’Éternel Infini, M. Note Agathon reposer en paix. A sa famille, de continuer à porter haut son héritage.
Paris 22 juillet 2026
Ouabari Mariotti





